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2 novembre 2008 7 02 /11 /novembre /2008 13:09

Par Yvon Dallaire, M. Ps. Psychologue

Il faut beaucoup d’amour et de bonne foi pour vivre à deux, mais c’est loin, très loin, d’être suffisant. Il faut aussi des connaissances et d’énormes efforts pour empêcher que le fantasme amoureux présent au début ne se transforme en cauchemar, laissant deux adultes au plancher, et des enfants qui répèteront le scénario conjugal de leur parent : passion, fusion, confusion et séparation, parce qu’ils n’auront pas su dans quoi ils s’embarquaient en se mariant et n’auront pas réussi à utiliser les crises conjugales pour en faire des crises de croissance personnelle. Ils se convaincront qu’ils ont tiré un mauvais numéro et qu’une âme sœur les attend désespérément quelque part et qu’en la trouvant, ils trouveront enfin le bonheur.

 

La plus grande illusion sur le couple est que le couple rend heureux. La réalité est que la vie à deux constitue le creuset de nombreuses crises et conflits. À peine 20 % réussissent à les surmonter, les autres divorcent ou se résignent. Le couple, tout comme l’argent, ne rend pas heureux : il nous aide à découvrir qui nous sommes réellement et qui est réellement la personne que nous avons épousée. Cette découverte constitue d’ailleurs le premier moment critique du couple. Personne n’est réellement préparée à la vie de couple car personne ne sait se disputer harmonieusement.

Nous sommes laissés à nous-mêmes pour apprendre les choses les plus importantes de la vie : l’amour, la communication, la sexualité, l’éducation des enfants. Pas étonnant que si peu réussisse. Il faudrait des cours de préparation au mariage basés sur les réalités quotidiennes auxquelles devront faire face les amoureux, sur les différences fondamentales homme – femme, sur la gestion de la lutte pour le pouvoir inévitable lorsque deux personnes vivent longtemps sous le même toit, sur les différentes étapes de la vie amoureuse, sur l’irréalisme de certaines attentes ou perceptions, sur la différence entre l’amour et la passion, sur ce que les hommes doivent éviter de faire et apprendre à faire pour vivre heureux et longtemps avec une femme et l’inverse pour la femme.

Il existe certes des couples heureux, mais ils ne sont pas légion et ne savent pas pourquoi ils sont heureux. Ces couples ont fait, depuis une dizaine d’années, l’objet d’une attention particulière des psychologues à la recherche des raisons qui expliqueraient leur bonheur et qui pourraient être enseignées aux nouveaux couples. Ils n’ont pas trouvé de formule magique, mais ils ont découvert que les couples heureux à long terme manifestent certaines caractéristiques qui font défaut aux couples malheureux et qu’ils évitent les pièges dans lesquels tombent facilement les autresi. Grosso modo, on pourrait résumer ces recherches en disant que les personnes formant les couples heureux ont décidé d’être heureuses plutôt que de chercher à avoir raison sur l’autre. Ils ont découvert que le meilleur pronostic des couples heureux se trouve dans la façon de gérer les crises inévitables de la vie à deux. C’est donc la façon dont un couple se dispute, et non la façon dont un couple s’aime, qui influence son bonheur et sa durée.

D’où la nécessité de savoir au plus tôt que le couple est synonyme de crise, d’apprendre tout aussi rapidement à gérer ces crises par la négociation et d’accepter que l’on puisse vivre heureux ensemble même si des désaccords subsistent. Le couple est synonyme de crises parce qu’il est formé de deux personnes que les crises permettront de confronter pour se remettre en question et évoluer. Le couple générera des crises parce qu’il est formé de deux personnes différentes, à plus forte raison lorsqu’il est formé d’un homme et d’une femme.

Cartographie d’une dispute de couple décrit les neuf moments critiques de la vie d’un couple et les six sources de conflits trop souvent insolubles. L’originalité de ce livre réside dans la présentation des bases neuro-bio-psychologiques à la schismogenèse complémentaire que l’on retrouve dans tous les couples qui viennent en thérapie. Vous y trouverez aussi des stratégies pour apprendre à gérer ces crises et ces conflits et différents « secrets » partagés par tous les couple heureux à long terme.

Ce texte est tiré du livre d’Yvon Dallaire, Cartographie d’une dispute de couple, Genève, Éditions Jouvence, 2007

http://www.psychanalyse-en-ligne.org/index.php?3077-cartographie-dune-dispute-de-couple

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Published by Will - dans Société
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commentaires

Will 16/08/2011 14:01



Selon une étude française INSEE (publiée en ce début de mois de mars) … « 80 % des femmes sont convaincues
que l’on peut aimer et rester avec la même personne toute sa vie. De quoi rassurer nos amis les mâles ! »


http://www.twentylines.com/rencontre/article/societe/13-femmes-separation


 



SIALMA 14/08/2009 01:22

Oui ! tu es à fond !!!!  sensibilité tirée d'une expérience , il y a du vécu .....BISES   SIALMA

Will 30/01/2009 16:40

La violence conjugale au Québec‏
 
Ça bouge au Québec dans le domaine de la violence conjugale. Espérons que la connaissance de la réalité telle qu'elle se présente augmentera la justesse et l'efficacité des interventions et nous sortira du préjugé de l'homme violent, la femme victime. La violence conjugale est en fait le résultat, sauf exceptions, d'une schismogenèse [1] complémentaire. La violence est l'expression d'une souffrance et d'inhabiletés relationnelles. Traitons la souffrance, habilitons les hommes et les femmes à une meilleure expression de leurs besoins et nous augmenterons les probabilités de faire disparaître le principal symptôme de cette souffrance : le comportement violent.
 
1. Entrevue de Serge Ferrand à l'émission de TQS, Le midi avec André Arthur.
http://www.tqs.ca/videos/le-midi-avec-andre-arthur/2009/01/2-campagne-contre-la-violence-conjugale---partie-1-40021.php
http://www.tqs.ca/videos/le-midi-avec-andre-arthur/2009/01/3---campagne-contre-la-violence-conjugale---partie-2-40020.php
 
2. Un article du journaliste Éric Yvan Lemay paru sur Canoe le 29 janvier 2009.
 
http://www.canoe.com/infos/quebeccanada/archives/2009/01/20090129-082701.html

Schisme comportemental visible et schisme causal interne

Le schisme visible est celui des deux comportements de la mère. Le schisme intérieur est celui de deux dynamiques mentales opposées. Diverses situations peuvent être observée lorsqu'une personne en schismogenèse s'exprime.

Le schisme intra instinctuel

Dans les espèces où le petit a besoin d'un temps de protection maternelle ou paternelle après sa naissance existe un programme instinctuel de protection. Chez l'être humain en particulier ce programme est en conflit permanent avec le programme du désir mimétique qui est la cause: - d'une rivalité mère enfant, - d'une attraction de la mère vers d'autres objets du désir potentiellement plus intéressants que l'enfant.
Dans ce cas, il y a conflit entre deux instincts.

Le schisme instinct/devoir

Une autre lecture possible est que la mère établit une relation verbale avec l'enfant par "devoir maternel", sous le regard du groupe et de sa conscience morale.
Son comportement non-verbal traduit alors le besoin de solitude, celui d'aller vers d'autres objets du désir, etc..
Le conflit est entre le devoir et le besoin/désir.

Le schisme peur/devoir

On observe des dynamiques schismogenésiques lorsque la mère a très peur d'être abandonnée. C'est le cas en particulier à l'âge où l'adolescent commence à "sortir".
D'une part la mère lui pose l'injonction verbale "Deviens adulte! Sors!".
D'autre part la mère montre par une mimique son intense désarroi, sa peur de mourir de solitude.
Le schisme de la mère se "transmet" et devient le schisme, la "schize" de l'adolescent. Le mot schisme vient du grec ancien σχισμός / skhismós, qui signifie « séparation », du verbe σχίζω / skhízô, « couper, fendre ».
La schismogénèse symétrique
La schismogénèse symétrique décrit des stratégies de compétition et d'indépendance. Elle désigne une situation de type "course aux armements". Si A fait quelque chose, B fera mieux encore, puis A surenchérira et ainsi de suite.
La schismogénèse complémentaire
La schismogenèse complémentaire décrit des stratégies d’assistance et de dépendance. Elle désigne une situation de type "mère-enfant" ou "relation conjugale" dans laquelle chaque intervention des participants provoque des réactions de plus en plus divergentes et émotives. Le psychologue et sexologue québécois Yvon Dallaire en donne un bon exemple dans son livre Cartographie d'une dispute de couple (éd. Jouvence, 2007):
L’un : « Tu es encore en retard ! »
L’autre : « J’ai eu une urgence de dernière minute au bureau. »
L’un : « Tu aurais pu me téléphoner au moins pour m’en avertir. »
L’autre : « Je viens de te dire que j’ai eu une urgence au bureau ; je ne pouvais donc pas t’appeler. »
L’un (en soupirant) : « Ce n’est pas la première fois que tu me fais ce coup-là. »
L'autre (de plus en plus exaspéré) : « Et en plus, il y avait un trafic épouvantable qui m'a encore retardé. »
L'un : « T’es toujours en retard. »
L’autre : « Allons donc ! Ce n’est pas vrai, ça arrive très rarement. »
L’un : « Au contraire, ça arrive de plus en plus souvent.»
L’autre (en montant le ton) : « Est-ce de ma faute si le patron me donne un dossier urgent à la dernière minute ? Je te rappelle que nous avons besoin de mon salaire pour vivre. »
L’un (avec un air dégoûté) : « C’est ça, ton patron est plus important que moi. »
L’autre (incrédule) : « Qu’est-ce que tu dis là ? T’exagères encore comme d’habitude. »
L’un (suppliant, sur le bord des larmes ou de l’explosion) : « Comment veux-tu que je te fasse confiance ? Tu me prends pour qui ? Quelqu’un qui n’a rien d’autre à faire que de t’attendre ? »
L’autre (cherchant à sortir de la pièce) : « Bon, c’est reparti ! »
L’un : « C’est de ta faute aussi. N’essaie pas de te dérober. Quand vas-tu enfin tenir compte de moi ? »
La schismogenèse complémentaire possèderait des base neuro-bio-psychologiques qui poussent inévitablement deux personnes qui s'aiment et de bonne foi à des difficultés de communication de plus en plus grandes. La tension provoquée par cette schismogenèse complémentaire serait à l'origine de la majorité des disputes de couples et des explosions de violence verbale et physique trop souvent rencontrées dans la vie conjugale et familiale.
La schismogenèse complémentaire a des aspects très différents de la schismogenèse princeps.
Dans cette dernière il y a une relation de dépendance "réelle" forte entre la mère et le petit enfant. Où encore il y a une responsabilité très forte de l'adolescent pour la survie de sa mère.
Dans l'exemple du couple ci-dessus on note plusieurs dynamiques.

La panne du "je"

A d'autre moments de la vie du couple, "Un" aurait pu dire son inquiétude, son souci de l'autre, voire son désarroi profond face au retard de "Autre".
Mais il y a panne de l'expression émotionnelle, panne du "je".
D'où une expression en termes de "tu", de reproche, de type paranoïde.

Une dynamique abandonnique comme cause de la schismogenèse?

D'où vient le désarroi de "Un"? Parmi les hypothèses, celle d'une peur intense d'être abandonné. Cette peur ne peut pas se dire en particulier parce que cela signifierait une dépendance à l'autre.

Un triangle mimétique comme cause de la schismogenèse? [modifier]

"Un" "Autre" et le patron constituent un triangle mimétique tel qu'il est décrit par René Girard reprenant des témoignages comme celui de Dostoïevski.
La réplique « C’est ça, ton patron est plus important que moi. » montre cette compétition entre "Un" et le patron pour avoir l'attention, le temps, de "Autre".
La schismogénèse réciproque
La schismogenèse réciproque permet un ajustement des deux formes primaires de schismogenèse (symétrique et complémentaire), c’est-à-dire des stratégies d’interdépendance et d’autonomisation.
Références
Initialement, le concept de schismogenèse a été identifié par Gregory Bateson. La compréhension actuelle de la schismogénèse -2007- additionne des savoirs développés depuis dans différentes disciplines.
Les textes de références se trouveront donc dans l'approche systémique, dans les écrits actuels de psychanalystes et chez des auteurs transdisciplinaires.
Ce document provient de « http://fr.wikipedia.org/wiki/Schismogen%C3%A8se ».
 
_________________________
[1] Créé par l'anthropologue, psychologue et épistémologue américain Grégory Bateson, le concept de la schismogenèse fut conçu lors de son étude du peuple des Iatmul.
C'est tout particulièrement en observant le comportement d'une mère qui, dans un type de communication paradoxale, attirait l'enfant par la parole, mais le repoussait par un geste. Ce concept se rapproche de la double contrainte (double bind). La schismogenèse est observée lorsque l'on pratique l'analyse interactionnelle des comportements humains.

Kiki 03/11/2008 16:55

Au féminin be – Nos hommes, les chouchouter et les comprendre ?
http://www.aufeminin.com/mag/nos-hommes/d4055/x26540.html
Voici un Site à découvrir ou à vomir, c’est selon… Aimez-vous être chouchouté ? Qu’en pensez-vous, vous les hommes, les vrais et fiers de l’être ?

wassmer 02/11/2008 14:38

Lors de mes activités journalistes j'ai eu l'occasion de rencontrer de "vieux couples"...je n'ai pu m'empêcher de demander à chacun "tout en discrétion" comment ont-ils fait :Les réponses sont toujours les mêmes.Réponse des femmes : patience, tolérance et respect des différencesLes hommes : humour, attention et respect de femmes en général...Bref, si l'on se respecte avec nos différences, comme on le fait avec autrui....je pense que c'est une base de fondation solide...Et puis, comme ils disent "chacun" "chacune" la tendresse predn le pas de la passion...c'est la plus jolie des cordes !A méditer

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