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Péril des hommes…

…dans une société toujours plus féminisée

La « féminisation de la société » est une réalité, considérée progressiste un certains temps, finit par susciter quelques interrogations, voire quelques inquiétudes.

Kerim Maamer

Les pères en situation de crise familiale sont une autre catégorie d’homme qui a tenté de s’organiser. Ils sont les plus sensibles à la déstabilisation des pouvoirs. Lorsque rien ne va plus dans la famille, les pères ont de grandes chances d’être évincés de ce qu’ils ont de plus cher : famille, enfants, responsabilité parentale, biens… Des mouvements masculins tentent d’exprimer des revendications de type existentiel.

Dans le courant des années septante naissent dans le monde occidental des associations portant des intérêts liés au genre « masculin »… Jusque là, l’Homme s’identifiait au genre humain dont une responsabilité collective lui dictait des obligations qui incombent à conduire une collectivité vers son devenir... Gracieuse volonté qui aux yeux de certaines finissait par justifier qu’une emprise du pouvoir ! Pourtant tous les domaines de la sphère sociétale ont été conquis par les femmes. Travail, argent, famille, politique et même service miliaire ou religion … n’ont plus leur exclusivité masculine. La présence des femmes est observée dans tous les domaines ; leurs responsabilités présentes à tous les niveaux. Que veulent-elles de plus ? Le partage strict des responsabilités publiques ?

Que les assises du pouvoir ne puissent s’articuler qu’au seul masculin est une évidence, non démenti par le processus historique. En revanche, réclamer, non pas le partage des responsabilités, mais l’égalité entre hommes et femmes dans les lieux d’assises du pouvoir apparaît comme la proclamation de certaines ambitions de conquête. Des groupements minoritaires mais biens organisés réclament avec forte délicatesse l’application de stricts principes égalitaire entre hommes et femmes dans les leviers du pouvoir : listes politiques, emplois institutionnels, conseils d’administration, recherche, technologies de pointe… Il est particulier de constater que leurs demandes sont moins sollicitées dans les questions de santé, d’éducation et encore moins dans les affaires sensibles de la famille.

La « féminisation de la société » est une réalité, considérée progressiste un certains temps, finit par susciter quelques interrogations, voire quelques inquiétudes. En contestant le protectionnisme du mâle, en prenant une place entière dans l’activité socio-professionnelle, en remettant en question la distribution des rôles, en réclamant le partage dans les lieux de processus décisionnels ; l’homme s’est trouvé peu à peu délesté de ses principaux pouvoirs de protecteur, de pourvoyeur d’argent et de chef, tout autant dans la famille, l’entreprise, la responsabilité. Ainsi, plus que son avènement dans la société, le mouvement d’émancipation s’apparente à une volonté d’occupation, de substitution, voire… de domination.

L’EGALITARISME ROI

L’égalitarisme appartient aux idées « politiquement correctes » sur le plan dialectique et rentable sur le plan électoral. Il est soutenu par des groupements d’intérêts, relayé par des champions de politique intérieure et organisé au sein des institutions internationales. La mise en doute de ses intentions conduirait plus à des suspicions qu’à une adhésion. Pourtant plusieurs réflexions mériteraient à être engagées.

Les opinions sur la condition féminine laissent entendre une inégalité des genres qui se soucie d’exclusivisme féminin, aboutissant toujours à la « nécessité d’argent » pour financer stratégies et campagnes d’information. Le sentiment ni même le point de vue masculin n’est pas étudié, voir même évoqué.

Concernant la politique, aux dernières élections communales en Belgique, les partis politiques se préoccupent d’égalitarisme dans la représentativité de leurs listes électorales. Aujourd’hui, on ose évoquer le genre en tant que critère pour l’éligibilité. Dans ces conditions, pourquoi pas évoquer l’origine ethnique ou le statut social comme condition de l’éligibilité ! Il y a donc un sérieux risque de dérive ou de médiocratie à définir un critère de l’éligibilité. Quant aux institutions internationales, elles affirment souvent un intérêt de « genre » dans l’emploi institutionnel, les projets, subsides et financements ! … Une douce dérive qui ne se soucie pas de la rationalité du genre humain dans sa banalité élémentaire mais d’une opposition des sexes.

REALITE BIOLOGIQUE

Au cœur du rapport social, la réalité biologique ordonne des rapports sexuels différenciés et… des attitudes différenciés en conséquence. Dans le processus de reproduction, les ovulations chez une femme et la production de spermes chez un homme, marque une différence énorme. Cette réalité naturelle engendre des comportements différents, conduisant « l’homme à semer à tout vent » et la femme à protéger et « gérer ses ovules ». Le plus profond de notre nature animale a conduit une relation de type fusionnelle chez la mère pour son enfant, et le rôle séparateur et sociabilisateur du père à l’égard de son enfant.

Réalité humaine élaboré et décrite au fil des temps, confirmée par nos organisations de sociétés humaines, dans le droit romain, le code Napoléon, les nombreux systèmes de famille qui font de la mère une reproductrice qui porte des enfants de son mari et pour l’intérêt du clan. Réalité persistante dans la plupart des pays du monde tandis que l’occident, seul, a inversé une vision des choses qu’il entend inspirer au monde.

L’obligation biologique est reléguée à un intérêt secondaire. Le processus démographique des pays occidentaux est, à plus d’un titre, extrêmement préoccupant. Le Président de la Commission s’est soucié de la démographie européenne. La vision des spécialistes n’a jamais considérée les données sous l’angle de l’homme au masculin et de la crise de paternité.

CULTURE MASCULINE

La déstabilisation des pouvoirs s’est appuyée sur une adaptation du vocabulaire. On n’utilise plus le mot « Homme » qui induisait un sens « genre humain » mais le mot masculin, mieux opposable à « féminin ». L’objectif de soustraire le pouvoir ne se fait donc plus au nom de l’engagement humain mais d’une opposition des sexes. Magnifique tour de prestidigitateur qui parvient à diminuer les pouvoirs de l’être au masculin.

Des générations d’hommes avaient été nourris par une large littérature qui mettait en exergue le courage, l’orgueil, le sacrifice, la loyauté, l’obéissance … dont Victor Hugo nous disait « s’il en reste un seul, je serai celui-là », ou Rudyard Kipling qui expliquait comment « tu seras un homme, mon fils »… Les cultures du monde avaient promu les comportements masculins de virilité ; être fort, ne pas se plaindre, ne pas gémir, ne pas avouer ses faiblesses… tant de comportements qui reflétaient un narcissique de l’égo masculin et auxquels, les femmes se complaisaient à en être malicieusement complice.

Par ambivalence de l’attrait féminin pour l’homme de pouvoir… alors que dans le même temps, une sournoise tentative de le désarmer de son autorité, de son pouvoir institutionnel par des voies judiciaires ou administratives. On accuse l’homme, on le désarme, on le déresponsabilise,... que reste-t’il de sa fonction ? Doit-il se libérer du « fardeau » ? Se focaliser sur son « soi » en cohérence avec l’individualisme dominant ?

Au bénéfice de leurs communautés, les civilisations avaient établi des codes de compor-tements masculins qui s’avèrent désormais inappropriés, d’un autre âge ou d’un autre lieu. Pis, ils sont perçus comme pervers. La sécurité collective a diminué la place du père et renforcé le pouvoir de la mère sur l’enfant. En gagnant en sécurité, la virilité laissait place au « machisme » dont la référence parait de moins en moins positive.

Par ambivalence de la femme fragile, « victime » potentielle, la société a fini par y voir ou par dénoncer l’homme « coupable ». Cette perception largement relayée, facilement entendue par les corps professionnels des institutions publiques et judiciaires… accroît encore le désarroi au « masculin ».

Par ambivalence de la femme mystifiée, magnifiquement belle, douce, attrayante... inaccessible en fin de compte, notre inconscient collectif nourrit toujours l’idée de protéger la femme, d’aimer ses enfants. Lorsqu’on se quitte, la communauté se charge de protéger la veuve et l’orphelin. La privation des affections primaires nourrit de grandes frustrations. Et pour la communauté, il conviendrait de dévoiler, malgré les maquillages de raison, que ce veuvage et cet orphelinat sont bien souvent l’objet de choix.

CRISE PROFESSIONNELLE

La place de l’homme dans la vie professionnelle n’est plus la même. Outre les difficultés du labeur qu’hommes et femmes se partagent de manière égale, le marché de l’emploi a changé de nature. A la faveur du progrès des technologies, le champ professionnel de la main d’œuvre masculine s’est, à la fois rétréci et ouvert à une meilleure présence des femmes. Les besoins d’emploi dans les domaines d’activité physique de maçonnerie, bricolage, jardinage et de tout travail ouvrier se réduisent. Tandis qu’augmentent les demandes d’emploi en faveur d’activités proches du contact humain où les femmes sont habituellement préférées. Les besoins pour l’accueil, la vente, les soins ainsi que tous les travaux relatifs à la vie domestique (nettoyage, garde enfants, garde malade), autrefois non rémunérées, se sont professionnalisés. Ainsi, les offres d’emploi convergent par une diminution des offres pour l’emploi masculin et une croissance des demandes pour l’emploi féminin. Les détails de l’évolution du ratio Hommes/femmes au travail et principal pourvoyeur d’argent dans le ménage, devrait éveiller les analystes.

La dépréciation professionnelle chez les hommes est un fait qui devrait être sérieusement analysé. Il affaiblit le père et fait de lui, le « pion éjectable » ; accroît le sentiment de désarroi ; déstabilise son état psychique, sa santé physique… Le contexte a changé car l’homme au masculin, a souvent perdu le pouvoir économique sur sa famille. Il est néanmoins l’incompris du système social et du système judiciaire qui demeurent parfaitement protecteurs de la mère. Dans d’autres lieux où l’évolutionnisme sociétal n’est pas arrivé à notre stade, la fonction parentale est une responsabilité prioritairement laissée aux hommes. La collectivité se soucie de remettre l’homme en activité parce qu’elle ne souhaite pas prendre en charge les familles délaissées. On aboutit à un paradoxe très particulier observé en Belgique. La collectivité se charge de diminuer les pouvoirs de pères ; elle les évince peu à peu de leur famille ; délègue pouvoirs, moyens et prise en charge aux mères, supposées être seules ; justifié par l’intérêt de l’enfant, elle les assiste afin qu’elles puissent remplir les fonctions parentales de deux personnes ; tout en veillant à les encourager dans la vie professionnelle pour qu’elles ne dépendent plus des services sociaux.

MOUVEMENTS MASCULINS

Cette nébuleuse déstabilisation des pouvoirs provoque peu à peu un doute sur la fonction et la place de l’homme dans la société. Des initiatives éparses de la société civile, recoupant tous les clivages sociaux, idéologiques ou professionnels, tentent d’exprimer des revendications de type existentiel.

Les mouvements d’homosexuels ont tenté d’exprimer, inconsciemment, la fragilité intérieure de l’homme. En prenant l’habit au féminin, l’homosexuel se permettait d’exprimer des sentiments, des émotions que les schémas culturels traditionnels lui interdisaient.

D’autres hommes, opprimés par l’écrasant « surmoi » (dont un Martin Dufresne connu pour son engagement contre « le patriarcat ») ont félicité le féminisme qui les a libéré de cet énorme poids.

Sous l’inspiration de Guy Corneau, auteur d’un retentissant ouvrage « père manquant, fils manqué » ; des groupements d’hommes (non homosexuels) s’organisent et se tournent vers l’introspection en quête de leur exploration identitaire. Le psychanalyste canadien a laissé une impulsion positive à l’être masculin qui se caractérise par un repli sur soi, un endurcissement, due ou transmis par la culture. Les hommes n’ont pas l’habitude de partager leur sensibilité. L’idée de groupements exclusivement masculins permettait d’évoquer l’intimité individuelle dans un environnement tolérant et respectueux.

Les pères en situation de crise familiale sont une autre catégorie d’homme qui a tenté de s’organiser. Ils sont les plus sensibles à la déstabilisation des pouvoirs. Lorsque rien ne va plus dans la famille, les pères ont de grandes chances d’être évincés de ce qu’ils ont de plus cher : famille, enfants, responsabilité parentale, biens… Ils ont tenté d’organiser une conscience publique pour comprendre les mécanismes du divorce/séparation, définir les difficultés et les conséquences qui se dressent, informer les institutionnels, aider les parents en difficultés, poser des problèmes de fonds… Mais ils suscitent le plus de virulence.

De tous les groupements d’hommes cités, les associations de pères sont le plus attaquées tant elles paraissent le plus inquiétantes aux yeux des ultra-féministes. Si les homosexuels pourraient être pris pour des « p’tes sœurs » ; que les opprimés du « surmoi » seraient des complaisants qui remercient les apports du féminisme ; que les hommes de Corneau soient souvent orientés par de chères dames qui attendent d’eaux qu’ils se libèrent en s’exprimant sur leur « moi » profonds… les mouvements de pères laissent ressurgir un désir d’autorité. L’ombre du dominateur inquiète certains groupements féministes qui tentent de faire croire que la conquête des droits parentaux va à l’encontre des droits des femmes. Des moyens démesurés sont utilisés pour tuer dans l’œuf des associations embryonnaires. On laisse entendre que les associations de pères sont antiféministes, d’une idéologie de droite, « démentir quoiqu’elles disent même en usant de la falsification ».

Guy Corneau avait laissé une impulsion positive au mot « masculin ». En en faisant un dérivé en « isme », on lui a laissé un sens péjoratif et négatif. Ce vocable est jeté aux masses pour désigner l’ennemi caché de la démocratie, qui porterait atteinte aux acquis des femmes et à leurs droits. En réalité, il leur est plus légitime d’engager un combat « anti-masculiniste » qu’un engagement « anti-père ».

De farouches batailles ont opposé groupements dits « féministes » et associations de pères, qualifiées, en l’occurrence, de « masculinistes »... Ces groupements sont tout autant minoritaires. Ils portent néanmoins une réflexion profonde sur la société. Il conviendrait de rassembler tout ce beau monde tant leurs réflexions idéologiques sont vives.

En Belgique, les « masculinistes » ne sont pas connus : aucune association officielle, ni membres, ni budget, ni même adresse ou téléphone qui répondrait à leurs services. Il y a des associations de « familles éclatées », regroupant parents des deux sexes, avec une majorité de papas. Certains parents concernés sont des mères évincées de leur famille, privés de leurs enfants qui vivent un réel calvaire. Certains grands-parents sont privés de leurs petits-enfants ; des compagnes/épouses partagent la vie de maris souffrants... Ces femmes sont les défenseurs qui clament la place et la responsabilité des deux parents après éclatement familial, l’égalité parentale, le respect mutuel, la protection de l’enfance…

Il est aisé d’accuser les associations de pères d’être antiféministes... Elles ne le sont pas. Tout au plus certains membres expriment une révolte contre les femmes, mais aussi contre l’Etat, contre le système, les juges, les avocats, les experts, la magistrature, les auxiliaires de justice, les machos, la presse etc. Ce n’est pas le féminisme qui est contesté mais le mal d’amour à l’égard de sa famille et de ses enfants en particulier. Il y a une relation d’ordre innée, provenant de notre nature humaine et qui est brisée suite à un processus qui remonte à une décision judiciaire.

La confusion entre droits parentaux et le sexisme est volontairement entretenue dans le but de discréditer cette mouvance civile. En réalité, ce que craignent légitimement les groupements ultras féministes, c’est la perte du trésor qu’elles ont cumulés en faveur des femmes : subsides, salaires, avantages, droits… Pourtant, fort de leur expérience, les groupements féministes auraient été mieux considérés par les pères si elles s’étaient mieux souciées de protection des familles éclatées. Car, sans confidence, les papas reconnaissent être mieux entendus et mieux compris par les femmes.

Bruxelles le 15 décembre 2005

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