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14 novembre 2007 3 14 /11 /novembre /2007 17:18

Mise à jour: 13/11/2007 8:59:57

 

Fernand Kartheiser est le secrétaire de l'Association des hommes du Luxembourg. Inquiet de la situation des hommes divorcés au Grand-Duché, il porte un regard sans concession sur l'évolution d'une société où l'égalité entre hommes et femmes n'est pas toujours respectée. Entretien.
Entretien avec Noël Labelle

Est-ce vraiment si difficile pour un père divorcé d'obtenir la garde de ses enfants au Luxembourg?

Tout ce qui concerne la garde des enfants ici est très compliqué.  Ce n'est en rien comparable avec ce qui existe en France ou en Belgique.  Ici, il n'y a pas d'autorité parentale conjointe, c'est-à-dire que le parent qui n'a pas la garde est exclu de l'éducation de son enfant, puisqu'il n'a plus son mot à dire.

À cela s'ajoute le problème de l'hébergement de l'enfant.  Comme, généralement, c'est la mère qui obtient le droit de garde, le père n'a alors qu'un droit de visite et un droit d'hébergement : un week-end sur deux, lors des vacances scolaires...  Le problème de cette disposition, c'est lorsque la mère ne remet pas l'enfant au père.

Dans cette situation, il y a normalement un risque judiciaire pour la mère, non?

En principe, oui.  La réalité est différente.  Car la plupart des plaintes posées par le père ne sont généralement pas poursuivies.  Parfois, il faut déposer six ou sept plaintes avant que l'affaire fasse l'objet d'une poursuite.  Et si une telle affaire arrive au niveau du tribunal, la peine est très rarement prononcée...  Dans de telles circonstances, on peut imaginer qu'il y ait des situations extrêmes.  Certains pères ne voient plus leurs enfants depuis des années.  Ce qui a des répercussions terribles sur lui, évidemment, mais aussi sur les enfants. Les enfants ont besoin de leurs deux parents...

Dans le cadre d'un divorce par consentement mutuel, des arrangements ne sont pas possibles?

Si, évidemment.  Mais dès qu'il y a un problème, ça se règle de nouveau devant le tribunal.  Ce sont des situations difficiles.  D'autant que l'enfant sert souvent de moyen de pression sur le père qui porte plainte.  Si nous étions dans un autre système judiciaire, il y aurait moyen de le laisser à l'écart.


Un projet de loi réformant le divorce est prévu...

La question est de savoir si cette loi va améliorer la situation du père et de l'enfant. Je ne le pense pas.  Par exemple, le projet de loi prévoit une autorité parentale conjointe, mais seulement si les deux parents sont d'accord.  Pour nous, ce n'est pas suffisant.  Cette autorité doit être automatique, car la plupart des divorces sont conflictuels.  Autre point important : il n'y a pas d'amélioration du problème de la garde.

Vous n'hésitez pas à qualifier ce projet de loi de «dangereux». C'est un terme très fort.  Pourquoi cette affirmation?

Ce projet crée des conditions tellement défavorables aux hommes... Si cette loi passe, elle aura un impact négatif sur le nombre de mariages dans ce pays.  Elle créerait des situations où, matériellement, il ne sera plus possible pour un homme de divorcer.  Imaginez qu'avec ce projet de loi, la pension alimentaire devient une sorte d'assurance vie pour l'épouse, puisque la pension serait calculée de sorte à maintenir le niveau de vie de l'ancien conjoint.  C'est une injustice profonde...
Sans parler de la question du logement!  Avec ce projet de loi, le conjoint ayant la garde de l'enfant, donc généralement la femme, peut utiliser l'appartement ou la maison du couple, jusqu'à ce que le dernier enfant ait atteint sa majorité.  Et ce, même si le domicile est un bien propre de l'époux.  À mes yeux, il s'agit d'une violation du droit à la propriété privée.
Quand on sait, en plus, qu'il y a actuellement une tendance au sein du gouvernement à inclure des droits à la pension dans ce projet de loi...

C'est-à-dire?

C'est-à-dire qu'en cas de divorce l'homme doit partager ses années de pension avec son épouse.  C'est un peu lourd!  Ce projet de loi est tellement injuste... Beaucoup d'hommes sont fatigués du système.  On ne peut pas continuer comme ça.  Nous sommes nombreux à penser la même chose : des limites sont aujourd'hui atteintes.

Le nom de votre association n'est-il pas un brin provocateur à l'égard des féministes?

Ça, c'est anodin.  Nous ne sommes pas misogynes.  Nous acceptons les femmes comme membres.  Certaines sont même au comité.  D'ailleurs, beaucoup de femmes sont solidaires avec nous.  Il s'agit souvent de deuxième partenaire ou de grands-mères, qui sont elles aussi victimes de ces situations.  Quand un père ne peut plus voir ses enfants, sa mère ne voit plus ses petits-enfants...
Bref, les femmes qui sont de notre côté sont celles qui sont ou ont été témoins de la souffrance infligée à certains pères.

Source :

http://www.le-quotidien.lu/edition/article.asp?ArticleId=8181

 

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Published by Michel Willekens - dans Famille
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Pascal DAZIN 03/03/2009 13:38

La société malade de ses incohérences
Du soleil au tournesol
(Suite – 3ème partie)
 
Désolé, mais Overblog n’a pas accepté l’édition complète…
 
 
Le mal est si profond qu’il a contaminé l’intelligence de bien trop d’entre nous avec sa famille, dans le travail, avec ses voisins, et a détruit en beaucoup l’espérance de lendemains fraternels, au maigre profit de l’espoir de tirer son épingle du jeu, si l’on a la ruse d’avoir les bons relais, les bons appuis, les bonnes combines, le bon avocat, de tirer le bon numéro à la roulette ruse…
 
" Est-ce ainsi que les hommes vivent ?
Et leurs baisers, au loin, les suivent
Comme des soleils révolus "

Pascal DAZIN 03/03/2009 13:33

La société malade de ses incohérences
Du soleil au tournesol
(Suite)
 
Le travail
 
Nous vivons à présent dans un monde où les progrès technologiques et la prévention ont transformé radicalement les conditions de production industrielle ainsi que les conséquences sur l’individu.
 
On ne meurt presque plus en usine, dans les mines, dans les champs. On ne meurt presque plus des maladies jadis redoutables, qu’elles soient infantiles ou adultes.
 
De plus en plus de gens, à présent des deux sexes, aspirent à travailler pour gagner un salaire ou des revenus alors que les postes de travail sont de moins en moins nombreux.
 
La tendance actuelle consiste à détruire les services publics (sauf les pôle judiciaire et policier) dans le cadre d’une idéologie ultra-libéral, en s’appuyant sur des arguments équivoques de la lignée psycho-judiciaire (aider la société par la peur du juge et du policier, favoriser l’esprit d’entreprise privée, développer les capacités individuelles, etc).
 
Consommer plus devient une sorte de but, travailler plus un idéal, changer plus souvent devient (comme à l’échelon familial) un facteur d’épanouissement…
 
Mais pourtant, jamais la masse des salariés n’a été en proie à de profonds doutes voire même de l’angoisse en vivant au jour le jour les injonctions paradoxales (plus travailler pour n’être pas plus épanoui, pour sur-produire dans un monde qui étouffe sous ses productions, et en même temps appréhender de devoir chercher du travail ailleurs, un travail encore moins choisi, pour seulement survivre économiquement).
 
Il va sans dire que les actes des " forcenés et des " dépressifs " dont parle quinze secondes la presse quotidiennement se retrouvent surtout chez des gens en perte identitaire familiale menacés en plus de perte de travail, ou de transformations non supportables pour eux de leurs conditions de travail psychologiquement acquises comme faisant partie de leur image personnelle.
 
Les idéologies
 
Au contraire des animaux ou en tous cas de la plupart d’entre eux, l’Homme a besoin de spiritualité.
 
La société occidentale contemporaine ne lui propose plus que des mysticismes, que des exemples matérialistes, que des conditionnements mercantiles.
 
Les mouvements politiques se sont peu à peu amalgamés, et sont tous conditionnés par l’idéologie judiciaire : les débats d’idées n’existent plus, seuls les débats judiciaires semblent les opposer de temps à autres, mais sans rien promettre à leur issue, sinon des dommages et intérêts, tantôt pour l’un tantôt pour l’autre, au bon vouloir d’un juge de toutes façons suspect.
L’ensemble des idéologies politiciennes grille en brochette sur les braises judiciaires : une bouchée de droite entre deux bouchées de gauche, avec quelques piments extrêmes parsemés dans les morceaux. Et ce curieux festin ne profite qu’au lobby le plus irresponsable que l’Histoire de France a créé depuis l’abolition (par lui-même, d’ailleurs) de la noblesse, un lobby qui ne fait pas de politique mais s’en nourrit comme il se nourrit de la famille et du travail, à travers les procès en harcelsorcellerie.
 
Pourtant, sans fraternité (sans respect de l’autre, sans mise à disposition d’outils de dialogue et d’entraide plutôt que d’inflation des armes de guerre individuelle), la spiritualité humaine ne peut se développer.
 
L’hypertrophie de l’idéologie des droits pour tous et pour chacun, de droits différents mais normalisés, encadrés par de fugaces lois, adaptés à chaque situation, est venue étouffer l’idéal permanent de devoir de chacun envers tous.

Pascal DAZIN 03/03/2009 13:29

La société malade de ses incohérences
Du soleil au tournesol
 
Certes, de nombreux indicateurs techniques sont régulièrement testés afin de mesurer l’involution progressive du moral des ménages, l’inexorable rapprochement d’une faillite socio-économique historique, la progression tragique de la pollution, de la raréfaction des espèces vivantes évoluées, à l’exception de l’espèce humaine.
 
Cependant, les voix qui affirment notre divorce avec le principe fondamental de cohérence dans nos rapports à l’autre et à la nature sont encore trop faibles, ou ne s’expriment que dans d’étroits et stériles cadres partisans.
 
Les troubles identitaires font des ravages.
 
Les multi-décompositions familiales et la dépersonnalisation professionnelle sont les deux causes de ces souffrances psychiques, aigues et chroniques, entraînant des désordres psychopathologiques et des troubles du comportement chaque jour plus nombreux.
 
La famille.
 
Une famille sur deux est disloquée. Les re-décompositions secondaires, postérieures à cette première fracture sont fréquentes.
 
Le plus souvent, les femmes victimes de mono ou multi-décompositions familiales profitent à court terme de la présence de tous leurs enfants.
Cette normalisation judiciaire est présentée comme républicaine, s’inscrivant dans le but d’émanciper les femmes et de les soulager de la brutalité masculine, alors qu’il ne s’agit que d’un conformisme contemporain (développé et exploité depuis le début des trente glorieuses), propre à multiplier les affaires en flattant le clientélisme basé sur l’appartenance sexuelle.
Toujours est-il que cette discrimination judiciaire positive permet aux femmes de ne pas exprimer les mêmes souffrances que celles des hommes, quasi-systématiquement dépossédés de la présence et de l’éducation de leurs enfants. Le conditionnement judiciaire flatte chez elles le besoin de possession, encourage le mépris, et n’endigue pas les tendances narcissiques perverses. Cette régulation tire au contraire les privilégiées vers le bas, comme toujours en cas d’inégalité de droits dans tous les apartheids du monde.
Mais à un âge plus avancé, ces mêmes citoyennes, trop longtemps privilégiées judiciaires sous prétexte de leurs enfants (mais en réalité au profit matériel exclusif du pouvoir judiciaire qui les a jadis séduites), risquent fort de ne pas admettre la fin des privilèges et l’éloignement affectif de leurs enfants, qui auront très tôt subi un conditionnement : on peut réfuter sa propre histoire et l’un de ses parents, alors pourquoi pas les deux , d’autant que rien n’est plus pesant pour un enfant que la possessivité parentale.
Elles risquent donc de subir les affres de la décompensation hystérique sans pouvoir trouver un nouveau support (plus de curé, plus de juge, plus d’avocat, vers la cinquantaine), ou du déchaînement passionnel des narcissiques pervers privés d’objet à séduire : à partir de la troisième partie de leur destinée, les dépressions et décompensations psychotiques risquent de se faire jour, sans parler des problèmes socio-économiques inhérents au renoncement du principe d’entraide entre époux.
 
Le plus souvent, les hommes victimes de mono ou multi-décompositions familiales perdent brutalement leur histoire, leurs enfants (d’une ou plusieurs unions), et pour beaucoup trop d’entre eux, perdent aussi leur dignité en écoutant ce qui est plaidé et jugé contre eux. Il y a ceux qui semblent accepter, ceux qui sont certains de ne pas pouvoir s’opposer, ceux qui résistent et sont en conséquence de plus en plus malmenés par le système outreaugeant judiciaire. Les troubles identitaires, psychologiques, comportementaux, se multiplient chez ces victimes d’une judiciarisation abusive de leur destinée, à tel point qu’il faut que les parquets restent vigilants, pour stériliser systématiquement la presse, pour boucler les informations au stade de la description sommaire d’actes décrits comme " forcenés ou dépressifs ", devenus quotidiens. Et à tel point qu’il faut s’ingénier à inventer de nouvelles pathologies, comme " la psychose bi-polaire ", qui touche avant tout les hommes ayant subi une fracture identitaire familiale par l’entremise des tribunaux familiaux, et oscillant entre le leurre de nouvelles vies de familles fugaces et la détresse de la perte de leur véritable histoire engagée.
 
Quant aux enfants, on sait suffisamment, même s’il est de bon ton de n’en pas parler, à quel point le manque de repères paternels ampute leurs chances d’éducation équilibrée, d’enfance heureuse. Ils sont tous conditionnés à la loi du plus fort en " justice ", ce qui est totalement incohérent avec nos beaux discours droidlomistes et prétendus républicains.

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